Le Capital

Si nous avons acquis les fondements d'une nouvelle monnaie, ou, pour être plus précis, de deux types de monnaies, nous pouvons nous tourner vers le capital. De la conception de la création monétaire pour l'investissement, découle naturellement une forme de capital qui n'a plus rien à voir avec l'actionnariat de la société anonyme. Dans l'optique d'une Économie à Valeurs Humaines, celle-ci est appelée à disparaître. Les dégâts qu'elle a causée dans l'économie ne sont plus à prouver. Mais ce qui a manqué, jusqu'à présent, c'est la possibilité de proposer une véritable alternative, celle du capitalisme d'État n'en étant pas une, comme l'expérience des pays de l'Europe de l'Est l'a montrée.

Le nouveau type de monnaie de financement que nous proposons permet de résoudre ce problème crucial et de considérer le capital, non plus comme un objet de possession, mais comme un prêt consenti à l'entreprise, donc remboursable. Seule cette mesure permettra de mettre un terme à la pression que les détenteurs des actions exercent sur l'entreprise, la considérant non pas comme un outil, mais comme une marchandise que l'on peut vendre ou acheter. En ce sens, la suppression de la société anonyme conduira à celle de la bourse, institution qui ne sert au financement des entreprises que de façon très marginale. Dès l'instant où ce financement est assuré par une monnaie de prêt, conçue comme un service public, la bourse n'a plus de raisons d'exister.

Il en résulte une double questions: qui est propriétaire de l'entreprise et à qui vont les bénéfices d'exploitation ?

Il ne s'agira pas de remplacer l'actionnariat anonyme par un actionnariat du personnel. Il convient de penser autrement en matière de bénéfice et également d'impôt. Il apparaîtra alors que les surplus dégagés par une entreprise devraient servir à financer sept domaines différents et que la santé, à la fois de l'entreprise et de la société, en dépend.

Les sept facteurs necessaires à l'existence d'une entreprise

Nous serons alors en mesure d'élargir la notion d'impôt, en nous souvenant de son ancienne dénomination: les contributions. Regarder l'impôt sous cet angle, c'est considérer que la société ne peut fonctionner que des flux d'argent qui vont de l'économie marchande vers l'économie non-marchande. C'est donc introduire la notion de don en tant que facteur indispensable de la santé de l'économie. Nous considérerons donc un troisième circuit monétaire: la monnaie de don. Elle viendra s'ajouter à celle de consommation et celle de financement. Nous aurons alors des outils indispensable pour aborder la troisième branche de la croix de l'économie: le travail.